mercredi 26 novembre 2014

Matin d'Automne, souvenir d'été, pensées pour l'hiver.



Panoramique automatique sans degré. Rue de Montréal


Nous vivons dans un monde de surproduction d'images, laquelle traduit une névrose sociale grandissante, poussant à la perte d'identité propre au profit d'une identité numérique multiple.
 Les images de notre vie, qui s'affichent quotidiennement dans un double espoir de reconnaissance et de création d'une mythologie personnelle, ne sont en fait qu'une tentative pour saisir l'instant présent, ne pas passer à coté de l'acte de vivre.
Sans référence, pris dans le tourbillon des dictats sociaux, nous sombrons dans la voie du Mouton, faite de la croyance que la masse ne peut faire fausse route, cherchant dans le quotidien l’exceptionnel qui ferait de nous l’exception remarquable.  
Trop occupés à produire ce calque de vie, nous réduisons au simple média l'expérience du vivant, orientant même parfois nos choix en fonction du résultat désiré. 



Panoramique automatique sans degré. Bv st joseph




La prochaine journée mondiale sera une journée sans images, où il nous faudra réapprendre à sentir, ressentir la vie en nous et la profondeur de chaque instant. Comme si un silence visuel devenait nécessaire, pour offrir à notre regard cette respiration du simple réel.
Les conservateurs du numérique chercheront en vain quels serveurs condamner, quels octets effacer ou quels journaux intimes étaler au grand jour ; ils patrimonialiseront pour en faire la trace de ce que nous avons été.  
Des accros à l'image qui recherchent encore et encore des liens, des collectionneurs de likes,  des obsédés de chat.
Nous perdons - dans la masse d'images et sa redondance visuel - le sens, laissant l’essence se diluer dans un océan virtuel d'une représentation de nos vies.